Il y a plus de trente ans, la Fraternité des Indiens du Canada articulait un énoncé de vision pour l’éducation des Premières Nations dans la déclaration de principe La maîtrise indienne de l’éducation indienne. Ce document, ainsi que l’article des Premières Nations de l’Alberta paru dans le manifeste Citizen Plus de 1970, déclarait que l’éducation, dans son sens large, est la pierre angulaire du développement économique et le catalyseur du développement et de la véritable récupération de l’identité, des valeurs, de l’histoire et, surtout, des langues des Premières Nations.
Les Premières Nations ont toujours reconnu le fait que l’éducation, qu’elle soit abordée dans le contexte traditionnel ou dans le contexte de la société dominante, forme une partie du développement de chaque personne. Tout comme le prouvent les nombreux rapports rédigés au cours des cinquante dernières années, les Premières Nations reconnaissent aussi qu’elles n’échouent pas leur parcours scolaire; ce sont les structures pédagogiques qui font défaut. Les Premières Nations (du Québec) ont donc décidé, au milieu des années 1970, de créer un établissement d’enseignement postsecondaire. Cet établissement, le collège Manitou, a fonctionné pendant quelques années. Il représentait un grand pas vers l’avant puisqu’il respectait le principe de la maîtrise indienne. Malheureusement, le collège a fermé ses portes en raison d’un manque de financement et d’un malentendu concernant sa mission première.
À la fin des années 1970 et au début des années 1980, les membres des communautés des Premières Nations ont affirmé que les communautés devaient commencer à prendre en charge leur système éducatif. Des mesures ont donc été prises pour que les Premières Nations gèrent elles-mêmes leur système éducatif et pour implanter des écoles dans les communautés. Bien qu’elles aient pris ces mesures, les Premières Nations ont toujours jugé que l’éducation est un processus d’apprentissage continu. Les communautés membres du CEPN reconnaissent également que l’enseignement postsecondaire, qui comprend l’éducation des adultes, la formation professionnelle, l’enseignement collégial et l’enseignement universitaire, est essentiel pour s’assurer que les étudiants des Premières Nations ont les mêmes possibilités que la population dominante. L’enseignement postsecondaire a été reconnu comme une occasion pour tous les étudiants motivés des Premières Nations de devenir des professionnels brillants qui auront reçu une formation dans un environnement qui respecte les valeurs transmises par les écoles des Premières Nations et qui pose les jalons du développement économique et communautaire.
La création d’un établissement d’enseignement postsecondaire au Québec est donc la pierre angulaire du renforcement des capacités et du développement du capital humain. Ainsi, les Premières Nations revitaliseront leur capacité de développement dans un contexte qui répond véritablement aux besoins de leurs étudiants.
Depuis 2001, à la demande des communautés membres, le CEPN a pris les moyens nécessaires pour établir des services postsecondaires répondant aux exigences des Premières Nations dans le but ultime de mettre sur pied un établissement d'enseignement postsecondaire des Premières Nations.
Depuis 2004, le CEPN offre des programmes universitaires en collaboration avec des universités reconnues, comme le Microprogramme d’intégration pédagogique des TIC (Université de Montréal) et le Certificat en leadership des Premières Nations (Université Saint-Paul). Ces programmes sont très prisés.
Le CEPN se penche maintenant sur la mise en œuvre de programmes collégiaux. Lors du Forum socioéconomique des Premières Nations, tenu à Mashteuiatsh, du 25 au 27 octobre 2006, le CEPN a annoncé qu’un centre d’études collégiales verrait le jour en septembre 2008.
Dépôt du rapport du Comité permanent des affaires
autochtones
et du développement du Grand Nord
Notre priorité la plus haute : l’éducation postsecondaire des autochtones au Canada
Le 17 octobre 2006, le CEPN assistait à la consultation du Comité sur le postsecondaire, à Ottawa. Le CEPN avait alors remis un mémoire présentant des éléments à observer pour la rédaction du rapport du Comité permanent des affaires autochtones et du développement du Grand Nord et avait soumis par la même occasion des recommandations à y inclure.
En février 2007, le Comité permanent des affaires autochtones et du développement du Grand Nord déposait son rapport Notre priorité la plus haute : l’éducation postsecondaire des autochtones, dans lequel plusieurs recommandations répondant aux besoins des Premières Nations sont émises.
Le CEPN est heureux de constater que le Comité a tenu compte de plusieurs de ses recommandations. En effet, la commission parlementaire confirme et reconnaît les problèmes liés à l’enseignement postsecondaire chez les Premières Nations.
Par exemple, le CEPN avait formulé une recommandation afin de s’assurer que le Programme d’aide aux étudiants de niveau postsecondaire (PAENP) accorde du financement aux étudiants qui souhaitent suivre un programme de formation professionnelle dans la province de Québec. Ainsi, la recommandation 10 du rapport du Comité « presse le ministère (…) de remédier à cette anomalie qui touche les étudiants autochtones inscrits au Québec dans des programmes de formation professionnelle ». En effet, tel qu’il est mentionné par le CEPN et soulevé dans le rapport, les étudiants autochtones inscrits au Québec dans des programmes de formation professionnelle ne sont pas admissibles au PAENP parce les cours se donnent au niveau secondaire plutôt qu’au niveau postsecondaire, comme c’est le cas ailleurs.
Le CEPN a publié un communiqué le 16 février 2007, à la suite du dépôt du rapport.
- Décembre 2007
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