Tel qu’il a été précisé par certains chefs lors des consultations de la Commission royale sur les peuples autochtones de 1996, les Premières Nations n’ont jamais renoncé à leur autonomie en éducation. Cependant, elles ont été privées de l’exercice de cette autonomie à la suite des années de mesures gouvernementales visant leur assimilation et entraînant leur dépossession et leur dépendance économique.
La réaction au Livre blanc de 1969 et la publication, en 1972, de la Maîtrise indienne de l’éducation indienne par la Fraternité des Indiens du Canada (devenue l’Assemblée des Premières Nations) marqueront un tournant pour la mobilisation de l’ensemble des Premières Nations du Canada afin de reprendre la maîtrise de leur éducation. Comme le révèle une étude réalisée en 2002 par le CEPN, Trente ans de lutte et de réalisations, 1972-2002, Constat des Premières Nations concernant la prise en charge des services éducatifs, les Premières Nations effectuent une prise en charge progressive des écoles communautaires (écoles de bande) à compter de la fin des années 1970. Cela représente sans aucun doute un progrès considérable dans le cheminement en cours pour cette reprise de la maîtrise de l’éducation.
En 1982, l’enchâssement de la reconnaissance des droits des Premières Nations dans la Loi constitutionnelle, à l’article 35, aura pour effet de rendre encore plus incontestable la légitimité de l’exercice de l’entière maîtrise des Premières Nations de leur éducation. Malgré cela, encore à ce jour, les politiques qui encadrent les programmes offerts et leurs modalités de financement continuent d’être élaborées par Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC). De plus, ces politiques et le financement du ministère font, depuis bon nombre d’années, l’objet d’une critique et d’une insatisfaction généralisée de la part de l’ensemble des Premières Nations du Canada. Les communautés membres du CEPN n’échappent pas à cette critique et attendent du CEPN qu’il défende leurs intérêts pour mettre fin à une telle situation.
« L’exercice de l’entière compétence en matière d’éducation permettrait aux Premières Nations d’élaborer leurs propres programmes et ainsi de transmettre les langues, la culture et les valeurs traditionnelles à leurs enfants tout en les préparant à vivre dans la société actuelle.»
Depuis 1995, le CEPN a multiplié les efforts pour favoriser la progression vers l’atteinte de la pleine autonomie en éducation. Ainsi, le CEPN a organisé des ateliers, mené des consultations et réalisé des analyses sur la compétence en matière d’éducation, en plus d’avoir proposé un plan quinquennal. Il a également participé au groupe national conjoint APN/AINC sur la compétence et les systèmes d’éducation.
Dans le cadre du Forum socio-économique de Mashteuiatsh, tenu en octobre 2006, le CEPN a signé un protocole d’entente avec AINC lui permettant de conduire une étude sur les services de deuxième niveau et d’entreprendre des discussions exploratoires sur le processus de négociation d’une entente sectorielle pour l’exercice de la compétence en matière d’éducation. Dans le premier cas, il s’agit d’une composante importante d’un système d’éducation complet dont le financement est ignoré. Dans le second cas, il s’agit de mieux comprendre le cadre de négociation imposé par le gouvernement fédéral et de se positionner sur la possibilité de négocier une entente qui mène vraiment à l’exercice de la pleine compétence dans le respect des conditions imposées par ce cadre. Le tout devrait être terminé à l’hiver 2007.
- Décembre 2007
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